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Le gouvernement du Québec – mendiant économique du pétrole

L’île d’Anticosti est un joyau naturel qui abrite des réserves fauniques dans un environnement unique au Québec et dans le monde. Le gouvernement du Québec a promis d’y investir 115 millions de dollars dans l’exploration des hydrocarbures de schistes. Mais d’où vient cet empressement et quels en sont les enjeux réels? Un minimum d’analyse géologique est nécessaire pour comprendre les enjeux, les risques et mettre le tout en perspective avec l’économie.

Formée il y a 455 millions d’années, l’île d’Anticosti est reconnue comme un important site faunique. La faune y est peu diversifiée mais extrêmement abondante. On y trouve l’oie des neiges, le caribou, le cerf de Virginie, l’orignal, le castor, la gélinotte, le lièvre, le rat musqué, le renard roux, l’ours noir, l’aigle à tête blanche, des oiseux et canards en abondance. Cette configuration de la faune, accompagnée d’une flore spécifique à l’île, en font un site unique, d’une richesse exceptionnelle. (http://www.anticosti.net/DanieleMorin/html/faune.htm)

La faune marine est également riche de la présence du saumon atlantique, une espèce indicatrice de la santé de l’écosystème. (http://www.ile-anticosti.ca/02e.htm)

La forêt de l’île appartient à la région boréale et au domaine de la sapinière à bouleau blanc de l’Est du cadre bioclimatique québécois. Les peuplements les plus communs sont ceux dominés par l’épinette blanche (Picea glauca), le sapin baumier (Abies balsamea) et l’épinette noire (P. mariana). Le bouleau à papier (Betula papyrifera), le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides), le peuplier baumier (P. balsamifera) et le mélèze laricin (Larix laricina) sont présents de façon sporadique. Dans la partie est de l’île, la forêt est entrecoupée de vastes tourbières. La strate arbustive est pratiquement absente partout à cause du broutement du cerf de Virginie.

Dans le passé, les principales perturbations naturelles ont été les épidémies d’insectes, le feu et le chablis. Au cours des dernières années, la superficie en sapinières a grandement diminué sous l’effet combiné du broutement des semis par le cerf de Virginie et des épidémies de l’arpenteuse de la pruche (Lambdina fiscellaria) et de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana).

Plus récemment, des chablis ont touché de vastes superficies de vieilles sapinières. L’épinette blanche, présente en tant qu’espèce compagne dans ces peuplements, y constitue habituellement la totalité de la régénération. Cette essence est cependant aussi affectée par un insecte, le dendroctone de l’épinette (Dendroctonus rufipennis).

Enfin, Anticosti constitue un site riche en plantes rares telles que des espèces ou des variétés endémiques au Golfe Saint-Laurent, des plantes arctiques-alpines à la limite de leur aire de répartition et des espèces cordillériennes caractéristiques des Rocheuses. (http://www.chaireanticosti.ulaval.ca/ile_danticosti/)

L’île d’Anticosti est également un important site fossilifère. On y dénombre près de 600 espèces différentes de fossiles. (http://www.histoiresoubliees.ca/article/le-homard-de-menier/la-geologie-de-lile-danticosti)

La région révèle aussi des formations géologiques rares et offre à ses visiteurs des paysages grandioses, composés de grottes, de récifs et de canyons majestueux, comme celui de la chute Vauréal. (http://ftp2.cits.rncan.gc.ca/pub/geott/ess_pubs/130/130935/gscmap-a_1660a_f_1990_mn01.pdf)

Aux nombreuses rivières qui sillonnent l’île, s’ajoutent les phénomènes karstiques (enfouissement des eaux), les dolines (affaissement du sol de forme circulaire) et les lacs à niveau variable, toutes choses qui font d’Anticosti un lieu unique et surprenant. La géologie y est donc assez variée en terme de formations et de composition de divers types de roches qui sont aussi passablement fracturées.

Depuis les années ’70, des travaux d’exploration menés au Québec par des chercheurs universitaires et le ministère des Ressources naturelles démontrent que les formations géologiques des basses terres du Saint-Laurent contiennent des traces d’hydrocarbures, mais ne présentent aucune structure géologique favorisant l’accumulation de gaz ou de pétrole dans des réservoirs conventionnels. Quelques grandes compagnies pétrolières, dont Shell ont effectué des forages exploratoires par le passé, sans aucun soutien financier du gouvernement, pour conclure qu’il n’y avait aucune exploitation rentable d’hydrocarbures à faire au Québec parce que la configuration géologique ne favorise pas de concentrations d’hydrocarbures exploitables de manière économiquement rentable.

La majorité des roches sédimentaires similaires à celles présentes au Québec et à Anticosti sont formées au fond des mers et des océans et contiennent des traces d’hydrocarbures. Les hydrocarbures se forment par la décomposition des organismes marins qui se trouvent piégés dans les sables et boues marines. Après plusieurs dizaines de millions d’années d’accumulation de sédiments riches en matières organiques, il est commun que la roche contienne des concentrations variables d’hydrocarbures disséminés dans les micropores entre les grains et particules.

Lorsque les conditions d’enfouissement, de pression, de température, d’alternance de couches de roches poreuses et imperméables sont en place, il faut des centaines de millions d’années pour que les hydrocarbures présents dans les micropores migrent vers des poches perméables où ils se concentreront pour former un réservoir de gaz naturel et/ou de pétrole.

Le stade de migration et de concentration du pétrole dans les roches au Québec n’est pas très avancé. C’est également le cas de la plupart des formations rocheuses similaire au Canada et aux États-Unis. Il faudrait donc attendre quelques centaines de millions d’années pour que ces volumes considérables d’hydrocarbures puissent migrer et se concentrer en réservoirs théoriquement exploitables.

De plus, les failles naturelles dans les roches imperméables empêchent localement la formation de réservoirs en favorisant des « fuites » et la migration vers d’autres sites plus perméables. Sur Anticosti, l’hétérogénéité des formations géologiques avec les nombreuses fractures naturelles limitent encore plus cette possibilité.

Les techniques de fracturation hydraulique (http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fracturation_hydraulique) permettent aux compagnies pétrolières de tenter d’extraire des hydrocarbures de la roche sédimentaire en y injectant des fluides composés de dizaines de millions de litres d’eau sous pression, mélangée avec 400 à 800 produits chimiques toxiques et cancérigènes, pour solubiliser les hydrocarbures prisonniers des micropores et les extraire par filtration du fluide de fracturation. Ce procédé complexe a été inventé en 1947 pour tenter de faire des forages horizontaux afin d’extraire plus d’hydrocarbures des réserves conventionnelles. La complexité et le cout de cette technique ont mené à son abandon jusqu’aux années ’80 où la fracturation fut utilisée à nouveau avec les sables bitumineux.

Depuis les années ’90, l’utilisation de la fracturation hydraulique explose partout dans le monde. La hausse du baril de pétrole conventionnel rend désormais l’utilisation de cette technique plus économique.

La technique de fracturation ne permet de récupérer que 1 % à 3 % des hydrocarbures présents à condition de fracturer de très grands volumes de roches.

Près de 50 % des fluides injectés sous pression dans la roche poreuse sont irrécupérables. Ces millions de litres d’eau, contaminée par les additifs, sont donc perdus dans la roche et vont migrer eux aussi comme les hydrocarbures.

Le fait d’avoir fracturé la roche produit une augmentation irréversible de la porosité et une diminution de l’intégrité des formations rocheuses favorisant l’augmentation du risque de migration des fluides de fracturation dans la roche, augmentant d’autant le risque de contamination de l’environnement.

Après 2 à 3 ans de fracturation, un forage devient économiquement non rentable. Il est bouché par coulage de béton et la compagnie pétrolière va forer ailleurs, généralement à 1 km du forage. Après quelques années ou décennies d’exploitation, le territoire est devenu un véritable gruyère. (http://2.bp.blogspot.com/-uha53RwBZ5w/UMj2ZBOfwXI/AAAAAAAABV0/Mf-T6tNhPDs/s1600/5453897486_5dac90d551_o.jpg)

À Anticosti, l’observation et l’analyse géologique de l’île révèle qu’elle est parsemée de failles et fractures naturelles qui s’étendent jusqu’aux nappes phréatiques, aux cours d’eau et au fleuve. L’exploitation des hydrocarbures de shales par fracturation hydraulique y est donc hautement risquée. Il est clair que le risque de contamination des nappes phréatiques fournissant l’eau potable est considérable. Tout dommage à l’environnement serait irréparable à cause de la fragilité des écosystèmes qui est plus grande encore sur une île. (http://espace.inrs.ca/1402/1/T000441.pdf)

Depuis 2011, des regroupements citoyens (http://www.regroupementgazdeschiste.com/?page=reglement-distances-separatrices) ont réussi à faire adopter un règlement sur la protection de l’eau par la majorité des municipalités au Québec (http://www.regroupementgazdeschiste.com/fichiers/reglement-distances-separatrices/histoire_du_reglement_dit_de_saint-bonaventure.pdf). Ce règlement impose une distance de 2 km entre tout forage et la nappe phréatique (http://www.saint-bonaventure.ca/medias/doc/reglements/REGLEMENT%20244-2011.PROTECTION%20DES%20PUITS.pdf).

Or, le gouvernement du Québec a adopté le 16 juillet 2014 des amendements à son règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/prelevements/reglement-prelevement-protection/index.htm). Ces amendements prévoient de nouvelles dispositions encadrant les activités d’exploration et d’exploitation pétrolières et gazières pour assurer la protection de l’eau. Parmi ces amendements, le ministère du Développement durable et de l’Environnement a réduit à 500 mètres la distance séparatrice entre les forages et les nappes phréatiques.

C’est d’ailleurs le principal point de litige et d’opposition des environnementalistes et des groupes de citoyens de plus en plus nombreux à s’opposer à la fracturation hydraulique partout dans le monde.

Cette décision démontre un grave problème avec la capacité d’analyse scientifique des gouvernements et prouve une volonté politique priorisée dans le but de favoriser le développement économique de l’industrie pétrolière au détriment de la protection de l’environnement, en parfaite ignorance des rapports scientifiques sur l’environnement et le climat. Le gouvernement du Canada reproduit les mêmes erreurs avec les sables bitumineux. Et la plupart des gouvernements dans le monde également. Les Russes et Chinois développent à pleine vapeur l’exploitation du gaz naturel et du pétrole pour alimenter le marché européen.

Il n’existe actuellement aucune technique pour restaurer l’environnement, contrôles les fuites de gaz naturel (méthane) et contrôler les écoulements des fluides de fracturation hydraulique après la fin d’une exploitation d’hydrocarbures de shales. Il n’existe aucune règlementation qui force l’industrie à être responsable de restaurer l’environnement. Il n’existe aucune loi forçant l’industrie à réparer tout dommage à l’environnement. Le gouvernement du Québec a adopté en 2006 une loi sur le développement durable, mais il ne l’a jamais appliquée.

Des travaux d’analyse en cours à l’IRASD avec le modèle du développement durable tendent à prouver que certaines ressources naturelles sont impossibles à exploiter de manière durable à cause de leur nature, de l’impact de leur exploitation et de leur consommation sur l’environnement et le climat.

Il est technologiquement et scientifiquement impossible d’assujettir le développement de l’industrie pétrolière aux règles du développement durable à cause de la destruction et de la contamination irréparable de l’environnement biophysique. De nombreuses études universitaires et observations faites par des citoyens démontrent que la majorité des forages petroliers laissent fuir du méthane après 5 ans. Or, le méthane est un gaz à effet de serre (GES), 25 à 35 fois plus puissant que le CO2 pour accélérer le réchauffement climatique.

Tous les combustibles fossiles font partie de cette catégorie sans aucune exception : charbon, gaz naturel et pétrole. L’exploitation des hydrocarbures ne peut pas être durable parce qu’il s’agit de ressources naturelles non renouvelables et l’industrie l’exploite plus rapidement que la planète n’a le temps de la régénérer. De plus, il ne sera pas possible de sitôt de compenser les impacts de la combustion en captant les GES à la source directement là où se fait la combustion, principalement dans les centaines de millions d’automobiles qui circulent sur les routes de la planète… Il faudrait équiper tous les véhicules de la planète d’un réservoir pour capter les GES du système d’échappement.

Le GIEC, « Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat », est un groupe de scientifiques conjointement mis en place en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations Unies sur l’Environnement (PNUE) afin d’éclairer les décideurs mondiaux sur la question du climat de la planète.

En 2014, le GIEC a produit son cinquième rapport sur le climat qui démontre avec 95 % de certitude que les activités industrielles humaines sont la source des émissions des GES responsables des changements climatiques. De plus, 70 % des GES sont produits par la combustion fossile de charbon, de pétrole et de gaz naturel.

Selon un volet de ces rapports, la civilisation humaine dispose de 10 à 15 ans pour diminuer de 70 % sa consommation mondiale de combustibles fossiles si elle souhaite limiter le réchauffement climatique en deçà de 2 °C. Au-delà de 2 °C d’augmentation, les mécanismes naturels régulateurs du climat seront saturés en terme d’absorption de GES et nous risquons une série de réactions en chaîne planétaires qui vont affecter le climat et la météo de manière à nuire considérablement aux activités humaines. Les modifications du climat vont se concrétiser par des écarts et phénomènes météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents et violents. Leurs impacts sur les cultures agricoles et les infrastructures vont engendrer des couts économiques de l’ordre de plusieurs centaines de milliards de dollars par année.

Or, les projections faites à partir des taux actuels de productions de GES en tenant compte de la croissance planifiée des industries placent la hausse plutôt à la barre de 5 °C à 6 °C, soit 3 fois plus que le seuil de sécurité admis scientifiquement à l’unanimité.

Face à ces constats, il est inévitable de conclure qu’il faut immédiatement adopter des politiques drastiques pour cesser massivement la consommation de combustibles fossiles et adopter un virage vert aux énergies renouvelables et durables comme le solaire, l’éolien et la géothermie. L’électrification des transports doit être une priorité mondiale.

Il a été prouvé à maintes reprises que toute forme de développement économique avec les énergies renouvelables, réalisé dans un contexte de développement durable, génère 10 fois plus d’activité économique et rapporte plus que les combustibles fossiles.

Les finances publiques des gouvernements son mal en point. La majorité des gouvernements sont endettés et la gestion budgétaire dérive dangereusement au gré des promesses électorales.

L’électorat semble se diviser en 2 grandes catégories : le citoyen et l’entrepreneuriat. Pour le gouvernement, le citoyen est une source de revenus en impôts et taxes et l’entrepreneuriat est un levier économique pour créer de l’emploi, générateur de revenus. L’équation est d’une simplicité et d’une limpidité déconcertante. Il suffit de favoriser l’entrepreneuriat en stimulant la création d’emploi pour imposer et taxer les revenus du citoyen. On observe d’ailleurs que les gouvernements allègent constamment le fardeau fiscale des entreprises afin de favoriser le développement économique.

Le gouvernement du Québec serait-il devenu mendiant économique du pétrole au point de ne pas pouvoir s’en passer?

Si les finances publiques sont si mal en point, pourquoi le gouvernement continue-t-il de financer des entreprises déjà rentables qui n’ont pas besoin d’aide financière?

Pourquoi le gouvernement supporte-t-il des projets non rentables de plusieurs milliards aux frais des contribuables?

Pourquoi le gouvernement investit-il avec autant d’insistance sur l’industrie pétrolière alors que les énergies vertes sont 10 fois plus rentables?

Ne serait-il pas préférable d’aménager Anticosti et de l’exploiter comme une réserve naturelle pour le développement de l’industrie du tourisme écologique?

Comment se fait-il que les gouvernements fassent tout le contraire de ce qui est requis pour protéger la population?

Pourquoi les gouvernements prennent-ils toujours des décisions qui vont à l’encontre des citoyens et des rapports scientifiques?

Les gouvernements seraient-ils corrompus ou prisonniers de l’économie?

La réponse est OUI! Les gouvernements sont tous largement endettés. Le modèle économique monétaire favorise l’endettement, car c’est un des moteurs du développement économique. La dette permet de se payer des produits et services qu’on n’aurait pas les moyens autrement. La dette permet aussi de « booster » l’accélération du développement économique par l’adoption de tarifications et de prix gonflés par les lois du marché. Ce gonflement des prix rend les produits et services inaccessibles sans avoir recours à des emprunts et donc à l’endettement. Cette roue qui tourne sans fin enfonce de plus en plus profondément dans la dette tout ce qui est assujetti au système économique monétaire et concentre de plus en plus les richesses monétaires en les mains d’un nombre limité d’individus.

Les gouvernements sont également corrompus par l’industrie. Une corruption idéologique qui fausse toutes les décisions et qui a été légalisée par le gouvernement : le lobbying.

Une définition s’impose ici pour caractériser ce qui s’oppose à la neutralité et à l’objectivité qui devraient être la règle d’or :

  • La corruption est la perversion ou le détournement d’un processus ou d’une interaction avec une ou plusieurs personnes dans le dessein, pour le corrupteur, d’obtenir des avantages ou des prérogatives particulières ou, pour le corrompu, d’obtenir une rétribution en échange de sa bienveillance. Elle conduit en général à l’enrichissement personnel du corrompu ou à l’enrichissement de l’organisation corruptrice (groupe mafieux, entreprise, club, etc.1). C’est une pratique qui peut être tenue pour illicite selon le domaine considéré (commerce, affaires, politique…). (http://fr.wikipedia.org/wiki/Corruption)

L’industrie pétrolière fait miroiter au gouvernement un potentiel de 40 milliards de barils de pétrole sur Anticosti. Mais ce que l’industrie ne révèle pas, c’est que moins de 1 % de ce volume est exploitable par fracturation hydraulique, soit environ 400 millions de barils.

La valeur sur le marché est donc d’environ 392 millions de dollars. Il faut retirer les 115 millions d’investissements pour arriver à 277 millions de revenus bruts.

Les dépenses directes de l’exploitation par fracturation hydraulique pour arriver à ce volume de pétrole se chiffrent à plus de 100 milliards de dollars! En effet, il faudra forer environ 10 000 puits à 10 millions de dollars chacun. Ce projet risque donc de couter 99,7 milliards et de ne rapporter rien! (http://www.ile-anticosti.ca/03_02.htm)

Et nous n’avons pas encore commencé à calculer les couts des déversements, de la restauration des écosystèmes, etc.

Le gouvernement américain commence à recevoir des études scientifiques qui démontrent que l’exploitation des hydrocarbures de shales par fracturation hydraulique produit plus de GES que la combustion du charbon! (http://enjeuxenergies.wordpress.com/2014/09/13/bad-news-for-obama-fracking-may-be-worse-than-burning-coal-mother-jones/)

Il semble bien que le gouvernement soit devenu un mendiant économique qui croule sous la dette au point de se laisser aveugler par la corruption idéologique de l’industrie pétrolière, sans prendre le temps d’étudier ce dossier globalement, avec ce qui se passe ailleurs dans le monde. Le « boom » américain des gaz de schistes au Dakota du Nord est en train de prouver cet aveuglement : des compagnies pétrolières commencent à déclarer faillite!

D’ailleurs, il importe de se demander comment les compagnies pétrolières junior du Québec réussissent à se financer et à payer leurs salaires et autres dépenses alors qu’elles n’ont aucun revenu d’exploitation pétrolière?!? Il semble que ces compagnies nagent en pleine spéculation, en virtualisant des ressources hypothétiques, pour faire miroiter des revenus miraculeux. Elles sont donc artificiellement maintenues en vie par des revenus de spéculation boursière des investisseurs. Ceci expliquerait pourquoi elles poussent si fort pour développer l’industrie en jouant le jeu stratégique de la manipulation politique.

Si les gouvernements tiennent autant à respecter leurs promesses électorales auprès de l’industrie, en acceptant d’assumer une dette environnementale considérable et une dette climatique astronomique, pourquoi ne respectent-ils pas également leurs promesses envers les citoyens électeurs alors que ces derniers n’opposent aucun coût environnemental ni climatique?

Le problème réside ici fondamentalement dans les racines inextricables de la culture politique qui cache et manipule stratégiquement la réalité afin d’atteindre des objectifs de développement économiques. Le rôle premier d’un gouvernement, qui devrait être de gérer une société, est presque complètement élidé par ces objectifs. Des liens très forts se sont tissés entre les gouvernements et l’entrepreneuriat. Mais les liens entre les gouvernements et les citoyens s’effritent à vue d’œil alors qu’ils devraient être précieusement entretenus en priorité.

Cette observation confirme le degré d’éloignement des gouvernements de ses responsabilités véritables et de son rôle de liant social avec les citoyens. Cette orientation prédominante de l’attention accordée par les gouvernements à l’activité économique, et l’approche de la stratégie politique pour y arriver révèlent la nature antidémocratique de ses activités politiques et économiques.

D’ailleurs, il serait important de se questionner sur les mécanismes de sélection des ministres en fonction de leurs responsabilités ministérielles. En observant les C.V., on constate immédiatement que les gouvernements recherchent des gestionnaires et non des responsables :

  • Pierre Arcand occupe actuellement le poste de Ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles. Il est également affecté au Plan Nord. Il ne possède aucune formation, aucune connaissance, ni aucune expertise en énergies, ni en ressources naturelles. M. Arcand est un ancien président de Corus Québec Radio, copropriétaire et vice-président de stations de radio. Il a suivi une formation en gestion aux études commerciales et en communications de l’Université Corus. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Arcand) (http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/arcand-pierre-421/index.html)
  • David Heurtel occupe actuellement le poste de Ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Il ne possède aucune formation, aucune connaissance, ni aucune expertise en développement durable, ni en environnement, ni en sciences climatiques. M. Heurtel est titulaire d’un diplôme en droit de l’Université de Montréal, d’une formation en ventes et marketing du HEC Montréal, d’une formation en communications de la Northwestern University de l’Illinois et de l’école des sciences de gestion de l’UQUAM. (http://www.plq.org/fr/equipe/davidheurtel) (http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/heurtel-david-14883/index.html)

Nous sommes donc face à un problème d’intégrité et d’éthique politique majeur qui illustre parfaitement la dérive des orientations politiques et leur profond assujettissement au système économique. Le modèle néolibéral accentue et empire encore plus cette dépendance.

On peut être porté à conclure que le modèle de l’économie monétaire capitaliste est oligarchique. Mais personne n’est réellement aux commandes de cette oligarchie dont les règles du libre marché et du chacun pour soit entrainent toute l’humanité à la dérive… Et cette dérive contribue à entrainer la politique avec elle.

Tôt ou tard, nous allons nous échouer. Et cela risque de n’a pas être où nous souhaiterions être…

Mais, au fait, où souhaitons nous aller? Quels sont nos objectifs de civilisation?

 

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http://www.ledevoir.com/politique/quebec/418524/pierre-arcand-et-david-heurtel-a-anticosti

Visite ministérielle surprise à Anticosti

Exploration pétrolière

«Le message des citoyens est qu’ils sont divisés», constatent Arcand et Heurtel

Un citoyen d’Anticosti, Marc Lafrance, connu pour son opposition à l’exploration pétrolière, s’adressant aux ministres Pierre Arcand et David Heurtel, lundi. Le voyage ministériel avait été gardé secret, même pour les habitants de l’île.Photo: Moïse Marcoux-Chabot Un citoyen d’Anticosti, Marc Lafrance, connu pour son opposition à l’exploration pétrolière, s’adressant aux ministres Pierre Arcand et David Heurtel, lundi. Le voyage ministériel avait été gardé secret, même pour les habitants de l’île.

Les ministres Pierre Arcand et David Heurtel ont mis les pieds pour la première fois lundi sur l’île d’Anticosti. Selon ce qu’a appris Le Devoir, en reportage à Anticosti, des rencontres étaient prévues avec des citoyens, mais triés sur le volet, ainsi qu’une visite d’un site de forage pétrolier exploratoire.

Ce voyage, gardé secret même pour les citoyens d’Anticosti et organisé sans rencontre publique, était surtout l’occasion de «voir l’état des lieux» en ce qui a trait aux travaux d’exploration pétrolière, a dit le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand.

Même si le dossier du pétrole hypothétique d’Anticosti suscite de vifs débats depuis déjà plus de quatre ans, il s’agissait, de mémoire d’Anticostien, de la première visite d’un ministre du gouvernement du Québec en plus d’une décennie.

Il faut dire que ce dernier a injecté cette année des dizaines millions de dollars de fonds publics dans une nouvelle campagne d’exploration pétrolière sur l’île. Cet investissement, réalisé en partenariat avec la pétrolière Pétrolia — qui détenait la majorité des permis d’exploration de l’île, en partenariat avec Corridor Resources —, doit permettre d’effectuer 15 forages en 2014. Les résultats de ces travaux doivent ensuite être analysés afin de déterminer où seront forés trois puits avec fracturation, et ce, dès 2015.

Travaux retardés

Le Devoir a toutefois appris que les travaux prévus cette année ont pris passablement de retard. Ils ont débuté tardivement, des problèmes d’équipements ont retardé certains forages et au moins un aurait même été abandonné. Une source a indiqué qu’un maximum de 10 à 12 forages seraient terminés d’ici la fin de l’année, si aucun incident supplémentaire ne vient les retarder.

Est-ce que le gouvernement a tout de même bon espoir de pouvoir terminer la première phase des travaux prévus en 2014 ? «C’est pour cela que je vais voir sur place, a simplement dit le ministre Arcand. Je veux avoir l’avis de nos inspecteurs. Mais, vous savez, nous sommes dans une phase très exploratoire. Il n’y a pas d’urgence de tout compléter rapidement.»

Il a d’ailleurs souligné que les résultats de cette année pourraient très bien fermer la porte à la suite des travaux, pourtant déjà annoncés dès février par le précédent gouvernement. «La première partie a été autorisée. Mais ça se peut, si les forages échouent, qu’on ne puisse pas aller plus loin. On veut étudier les analyses avant de voir quelles seront les prochaines étapes.»

Le ministre Arcand et son collègue de l’Environnement, David Heurtel, ont aussi pour la première fois rencontré des citoyens d’Anticosti. En fait, ils ont eu un échange d’environ une heure avec le Centre de vigilance et d’information sur les enjeux pétroliers. Ce comité citoyen rassemblant des opposants et des partisans de l’exploitation pétrolière sur la plus grande île du Québec a été formé en juin.

Pierre Arcand a dit avoir entendu ce qu’ils avaient à dire aux représentants du gouvernement de Philippe Couillard. «Le message des citoyens est qu’ils sont divisés [sur la question des forages pétroliers]. Mais le message que je retiens, c’est que, s’il y a des tonnes de pétrole, il faut être prudent. Mais s’il n’y en a pas, ils nous disent: “ne nous laissez pas tomber. On veut continuer à survivre”.»

Depuis des années, les citoyens de l’île cherchent en effet des avenues qui permettraient de freiner l’exode des insulaires, qui sont aujourd’hui à peine plus de 200. Or, les projets n’aboutissent tout simplement pas, qu’il s’agisse de développer davantage le tourisme ou encore de relancer la foresterie, jadis prospère.

De tels projets sont toujours sur la table, a répondu le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles. «Ils veulent que la population puisse augmenter, pour atteindre une viabilité minimale de 350 habitants, a-t-il résumé. Anticosti fait partie du Québec et il est clair que nous devons travailler pour que tous les habitants du Québec aient les meilleurs services possible.»

Processus d’évaluation

Interpellé par Marc Lafrance, un Anticostien connu pour son opposition à l’exploration pétrolière, le ministre Heurtel s’est voulu rassurant. «On ne sait pas s’il y a du pétrole et si c’est du pétrole de schiste. C’est pour ça qu’on fait une évaluation environnementale stratégique.»

Les libéraux de Philippe Couillard ont décidé de confier cette évaluation environnementale stratégique sur les énergies fossiles à un comité présidé par des représentants du gouvernement, qui devront s’assurer de l’«objectivité » de la démarche. Une consultation publique aura aussi lieu, mais elle se fera «en ligne» et à la toute fin du processus. Et même si le gouvernement Couillard vient tout juste de lancer le processus d’évaluation, il ne cache pas son préjugé favorable envers l’exploitation d’énergies fossiles au Québec.

Pour le moment, aucun gisement exploitable n’a été trouvé sur l’île d’Anticosti, malgré des décennies de recherche. Selon une évaluation théorique très préliminaire, le sous-sol pourrait renfermer 40 milliards de barils de pétrole de schiste. Pour l’extraire, il faudra donc mener des opérations de fracturation.

Selon une étude menée par l’ingénieur-géologue Marc Durand, il faudrait forer au moins 12 000 puits sur l’île pour extraire 1 % à 2 % de tout le pétrole. Il faudra pour cela construire toutes les infrastructures nécessaires pour l’implantation de l’industrie pétrolière.

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Un commentaire

  1. […] et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel – celui-là même qui appuie avec grande cohérence économique notre ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, dans le […]

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