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L’utopie – Le possible dans l’impossible

Nous partageons ici une réflexion sur l’utopie induite par la déformation culturelle et qui rejoint très bien la citation de Carl Sagan au début de notre page de mission.

L’utopie (mot forgé par l’écrivain anglais Thomas More, du grec οὐ-τοπος « en aucun lieu ») est une représentation d’une réalité idéale et sans défaut. C’est un genre d’apologue qui se traduit, dans les écrits, par un régime politique idéal (qui gouvernerait parfaitement les hommes), une société parfaite (sans injustice par exemple, comme la Callipolis de Platon ou l’Eldorado de Candide) ou encore une communauté d’individus vivant heureux et en harmonie (l’abbaye de Thélème dans Gargantua de Rabelais en 1534), souvent écrites pour dénoncer les injustices et dérives de leurs temps.

Les utopistes situent généralement leurs écrits dans des lieux imaginaires pour éviter la censure politique ou religieuse : un pays lointain et mythique (Les Aventures de Télémaque, Livre 7, Fénelon, 1699), île inconnue par exemple (L’Île des esclaves, Marivaux, 1725), ou montagne inaccessible (la découverte de l’Eldorado, dans Candide, 1759).

Une utopie peut désigner également une réalité difficilement admissible : en ce sens, qualifier quelque chose d’utopique consiste à le disqualifier et à le considérer comme irrationnel. Cette image de l’utopie est évoquée dans Fahrenheit 451 où une nation tout entière n’accepte pas de lire des livres, de peur que cela ne lui ouvre les yeux par rapport à la fausse utopie dans laquelle elle vit. Cette polysémie, qui fait varier la définition du terme entre texte littéraire à vocation politique et rêve irréalisable, atteste de la lutte entre deux croyances, l’une en la possibilité de réfléchir sur le réel par la représentation fictionnelle, l’autre sur la dissociation radicale du rêve et de l’acte, de l’idéal et du réel.

Genre opposé, la dystopie — ou contre-utopie — présente non pas le meilleur des mondes mais le pire.
« Impossible est seulement un grand mot utilisé par de petits hommes qui trouvent plus facile de vivre dans le monde qu’ils ont reçu que d’explorer le pouvoir qu’ils ont de le changer.

Impossible n’est pas un fait; c’est une opinion.
Impossible n’est pas une déclaration; c’est un défi.
Impossible n’est que temporaire.
Impossible n’est rien! »
« Rien n’est impossible, seules les limites de nos esprits définissent certaines choses comme inconcevables. »
– Marc Levy

Toute découverte scientifique ou progrès technique est considéré comme une impossibilité utopique hypothétique tant et aussi longtemps que des expériences n’ont pas été réalisées pour définir le modèle théorique et faire évoluer ce modèle vers l’application technique.

Étrange que l’ensemble de l’univers avec tous ces aspects soit par définition utopique alors qu’il est bien réel une fois qu’on a démystifié et bien compris sa constitution et son fonctionnement de manière intégrée…

Pourquoi l’homme ne serait-il pas en mesure de se doter d’un système de société amélioré qui fonctionne réellement? Serait-il trop primitif? Serait-il trop aveugle pour constater que ses problèmes viennent de sa propension à chercher des solutions désintégrées qui ne tiennent pas compte de toutes les variables de l’équation? Serait-il trop ignorant pour accepter que ses problèmes de société sont liés à l’échec des systèmes qu’il a mis en place supposément au service de la société, mais qui ont permis les dérapages, la collusion, la corruption, les injustices, les inégalités, les conflits, les guerres, la surexploitation des ressources naturelles, la destruction des écosystèmes naturelles qui soutiennent la vie?…

Activisme ou à amorphisme?
Évolution ou conservatisme?

La résistance au changement s’apparente de très près à la dystopie qui s’oppose à tout mouvement d’évolution du système.

Le conservatisme, au sens générique, est un phénomène psychologique relativement courant, appelé aussi résistance (ou aversion) au changement ou immobilisme, consistant à désirer et tenter d’obtenir par diverses formes de comportements d’opposition ou de préservation, le maintien du statu quo par aversion à l’incertitude.

Ainsi, l’utopie elle-même est utopique. Donc, elle n’est pas plus impossible que l’impossible!


Un commentaire

  1. […] L’utopie – Le possible dans l’impossible […]

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