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La stupidité humaine, un héritage génétique ou social?

Matthieu Ricard, un des piliers de notre époque, est docteur en génétique cellulaire, moine bouddhiste tibétain, auteur et photographe. Il aborde sur son blogue le sujet le plus important de notre siècle : l’apparente stupidité comportementale et décisionnelle de l’humanité.

Cette question nous concerne tout un chacun : sommes-nous stupides ou pas de détruire notre environnement et le climat malgré la profusion de connaissances? Jusqu’où sommes-nous prisonnier d’agir et qu’est-ce qui nous retient?

Les réponses sont des clefs qui vont ouvrir la porte de la pérennité de la civilisation ou, au contraire, refermer celle-ci pour enfermer l’espèce dans son environnement social qui le mène directement à son extinction par attrition des ressources et dégradation de l’environnement biophysique.

Individuellement et collectivement, nous faisons tous de mauvais choix et prenons tous de mauvaises décisions sans même nous en rendre compte ou en étouffant notre bonne conscience derrière des principes de fatalité immuables : « la société est ainsi faite », « on ne peut rien y changer », « c’est le seul modèle dont nous disposons, donc le meilleur », etc. Toutes ces affirmations sont fausses!

La philosophie ne permet pas de trouver de réponses, ni d’arriver à une démarche descriptive de l’évolution et de la nature humaine qui explique ses comportements intrinsèques et induits par les interactions avec son environnement social et biophysique. La philosophie se limite à questionner cette compréhension, mais elle n’est fondamentalement qu’un comportement humain; la philosophie n’existe pas dans l’environnement biophysique, on ne la retrouve pas dans la nature, elle n’est que le fruit de la cognition de l’homme rendue possible par son cerveau évolué!

Pour tenter de répondre à ce problème complexe qui n’est ni blanc ni noir, l’IRASD aborde la question sous l’angle des connaissances scientifiques : évolution, génétique, biologie comportementale, primatologie, anthropologie, psychologie sociale, biochimie, neurologie, etc.

« L’un des grands débats de la pensée occidentale gravite autour de l’essence de la nature humaine. L’une des idées est que les individus sont des créatures fondamentalement bonnes, généreuses et coopératives qui sont corrompues par un système social et économique immoral. L’autre point de vue est que nous sommes des êtres fondamentalement immoraux et égocentriques dont les pulsions sont contrôlées par les pressions sociales. Cette question se retrouve partout. Certains pensent que les humains sont des barbares qui sont civilisés seulement par l’éducation et l’ordre social, alors que d’autres considèrent qu’ils sont des êtres doux qui sont déformés par la compétitivité et la violence induites par les influences négatives véhiculées par le système social. »

« La compréhension de l’évolution humaine répond en partie à ces questions et fournit des réponses et des pistes d’analyse en apportant des informations utiles à chacune d’elles. Une approche évolutive n’implique pas que le comportement est exclusivement « déterminé génétiquement » ni que apprentissage et la culture sont inutiles. En fait, l’apprentissage et la culture jouent des rôles cruciaux pour modeler le comportement humain de base génétique dont nous héritons à la naissance. Et cette base est influencée par le contexte familial, social, culturel, éducatif et historique tout au long de la vie de chaque individu.

Les différences comportementales d’individus vivant à des époques différentes et à des endroits distincts résultent principalement d’ajustements flexibles à des conditions sociales et environnementales différentes. La compréhension de l’évolution est utile pour comprendre pourquoi l’homme répond de différentes manières à différentes conditions.

Pour analyser et comprendre le système humain, il importe de circonscrire les stratégies comportementales qui relèvent intrinsèquement de la nature humaine héritée génétiquement. Cette compréhension est absolument essentielle pour distinguer la nature humaine de l’adaptation des stratégies comportementales. L’identification des stratégies comportementales de l’espèce humaine permet de dresser un portrait global de sa nature. Ce portrait distinctif rend possible l’identification des concepts-acteurs constitutifs de l’environnement social qui interagissent avec la nature humaine pour induire des stratégies comportementales nuisibles à la pérennité de la civilisation et à la survie de l’espèce. »

(https://irasd.wordpress.com/dossiers/recherches/environnement-humain/biologie-et-evolution-de-lespece-humaine/theorie-de-levolution-et-principes-dadaptation/)

Au-delà de la compréhension de l’évolution qui a forgé la nature humaine, il faut également étudier, analyser et comprendre comment la civilisation humaine en est arrivée à la situation mondiale actuelle qui module nos stratégies comportementales et décisionnelles, constituant un risque indéniable à la survie de l’humanité.

L’humanité dispose de larges connaissances approfondies dans tous les domaines. Mais ces connaissances n’apportent que de minces fragments de réponses à la question fondamentale posée par Matthieu Ricard. Une démarche élargie appuyée sur des concepts généralistes intégrant des notions fondamentales de chacun des domaines des sciences naturelles et sociales est nécessaire. Cette intégration de connaissance a pour objectif de reconstituer de manière descriptive la dynamique de la nature humaine, l’environnement humain, en interaction avec son environnement social et son environnement biophysique.

« L’IRASD a pour objectif premier d’identifier pourquoi l’humain fait des choix sociaux et prend des décisions politiques et industrielles qui mettent en péril la pérennité de la civilisation et la survie de l’espèce humaine.

L’hypothèse que l’IRASD souhaite valider par ses recherches est que des concepts-acteurs de l’environnement social interagissent avec la nature humaine pour induire des comportements décisionnels nuisibles et indésirables.

L’identification des concepts-acteurs et des interactions comportementales induites permettront d’identifier des défauts conceptuels et opérationnels de l’environnement social.

L’architecture sociale permet de concevoir et d’architecturer des modèles du système social et de l’environnement social afin de favoriser de nouvelles interactions avec de nouveaux acteurs et d’induire des comportements humains bénéfiques et constructifs pour la pérennité de l’évolution de la civilisation et pour l’épanouissement durable de l’espèce humaine. »

(https://irasd.wordpress.com/mission/)

Au fil de nos recherches, la certitude que l’homme n’est pas fondamentalement stupide s’accroit proportionnellement avec la certitude que le système social pousse l’homme à s’adapter ce qui influe directement sur ses réactions psychosociales, modifiant ses stratégies comportementales. L’homme s’adapte aux concepts, aux mécanismes et aux interactions dans son environnement social. Cette combinaison complexe tend à rendre nos stratégies comportementales stupides!

Ce fait tend à démontrer que cette situation peut être rectifiée. L’architecture sociale devient possible afin de concevoir sciemment un nouveau modèle de société. Ce modèle pourra répondre à des objectifs de civilisation individuels et collectifs qui doivent encore être énoncés et documentés. L’architecture de nouveaux modèles opérationnels de société appuyés sur des concepts et des mécanismes adaptés à la nature humaine interagira avec elle pour induire une adaptation qui modulera nos réactions psychosociales dans le but de modifier nos stratégies comportementales afin qu’elles soient moins stupides.

La route est encore longue pour y arriver. La civilisation est dotée d’une énorme inertie face au changement. Mais les impacts de ses décisions s’opposent aux lois immuables et intransgressibles de la nature et le temps qui nous est imparti s’amenuise. Il faut accélérer la démarche…

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http://matthieuricard.org/blog/posts/la-stupidite-serait-elle-le-propre-de-l-homme

La stupidité serait-elle le propre de l’homme ?

Écrit le 15 février 2015

On fait grand cas de l’intelligence humaine tout en justifiant par des arguments spécieux notre « domination sur la nature », aussi illusoire qu’éphémère, et notre instrumentalisation massive des autres espèces vivantes. L’économiste et environnementaliste chilien Manfred Max-Neef affirme que le remarquable développement de l’intelligence humaine s’est accompagné de la faculté de s’aveugler volontairement devant la réalité. Une colonie de fourmis, une bande d’oiseaux migrateurs ou une meute de loups ne se comporte jamais de façon « stupide » et ne prend pas de décision qui nuit de toute évidence à leur survie ou à celle de leur espèce. Max-Neef en conclut de manière provocatrice que la « stupidité est le propre de l’homme ». Son intention n’est pas d’offenser les humains mais de les inciter à davantage de bon sens.

La cupidité, elle aussi, semble être le propre de l’homme, puisque les animaux ne gaspillent pas leur temps et leur énergie à accumuler plus de biens qu’ils n’en ont besoin pour leur survie, alors que l’accumulation du superflu est le nerf de la société de consommation. Le sage président de l’Uruguay, Pepe Mujica, accuse la plupart des dirigeants du monde de nourrir une « pulsion aveugle de promotion de la croissance par la consommation, comme si le contraire signifiait la fin du monde ».

La vision caricaturale de l’homo economicus, celui qui n’a d’autre but que de promouvoir ses intérêts et ses préférences personnelles, devrait faire place à celle de l’homo altericus, qui prend en considération l’intérêt de tous. Si la main invisible de l’économie dérégulée du libre marché est celle d’un aveugle égoïste, les conséquences pour la société ne peuvent être que désastreuses.

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