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Évolution « fast-forward »

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Évolution « fast-forward »

Dans leur nouveau livre, Evolving Ourselves: How Unnatural Selection and Nonrandom Mutation are Changing Life on Earth, les auteurs Juan Enriquez et Steven Gullans mettent en évidence l’importance longtemps sous-estimée de l’épigénome. Dans la foulée du lancement de leur livre, ils ont publié un article sur Wired, intitulé : Fat? Sick? Bame your grandparents’ bad habits.

Le temps fait bien les choses

La théorie de l’évolution par sélection naturelle stipule que tous les organismes ont la faculté de s’adapter à leur environnement de manière à assurer leur descendance. Pour ce faire, seuls les individus possédant les meilleurs gènes survivront et se reproduiront.

Bref, les plus aptes à concilier avec les aléas de l’environnement.

Toutefois, les généticiens constatent de plus en plus que l’épigénétique joue un rôle important dans ce processus.

Épi quoi?

De manière simple, lorsqu’une modification de l’ADN ne change pas sa séquence, on parle d’épigénome. Pour ce faire, des composés chimiques recouvrent certains gènes sans pour autant les altérer. Ainsi, ils ne modifient pas la séquence ADN mais sont attachés après, d’ou le préfixe -épi.Tel un épi de blé d’inde.

Certains gènes seront donc exprimés et d’autres non, selon l’épigénome. Autrement dit, c’est le fait d’allumer ou d’éteindre un gène.

Mais qu’est-ce qui allume ou éteint un gène tel un interrupteur?

Il semblerait que ce soit les facteurs environnementaux qui en sont les principaux responsables, tels que l’alimentation et la pollution par exemple.

Les auteurs du livre donnent l’exemple d’une famine qui a suivi la seconde guerre mondiale aux Pays-Bas. Des femmes qui étaient enceinte à cette époque ont eu une alimentation déficiente et conséquemment, leurs enfants auraient eu des prévalences élevées pour diverses maladies, dûes à une modification au niveau de l’épigénome.

De plus, ces modifications génétiques auraient non seulement été transmises à la première descendance mais à toutes les générations subséquentes jusqu’aujourd’hui. Phénomène qui jusqu’à récemment paraissait improbable aux yeux des généticiens car ces modifications génétiques auraient été faites au sein d’une seule génération, soit celle des mères qui ont vécu la famine.

Coulé dans le béton

Au 19e siècle, le biologiste Jean-Baptiste Lamarck, avait été rejeté par ses collègues pour avoir proposé que l’évolution pouvait se réaliser en seulement une génération. À titre d’exemple, il avait avancé celui de la giraffe qui étire son cou à tous les jours pour pouvoir s’alimenter. Selon lui, en l’étirant à tous les jours, le cou rallonge quelque peu et ces traits acquis sont passés à sa progéniture.

Selon Enriquez et Gullans, cette théorie avait été fortement contredite par les biologistes de l’époque, dont Darwin. Ce dernier postulait plutôt que l’évolution est très lente et est seulement le fruit de la sélection naturelle. De plus, les scientifiques avaient unanimement concluent que les modifications acquises pendant la vie d’un organisme ne pouvait être transférées aux cellules germinales, soit celles qui vont former les gamètes.

Bref, la théorie de Darwin paraissait inviolable.

Les premiers épigénéticiens étaient apparemment reconnus comme des ‘’biologistes voodoos’’ selon les auteurs. Ce n’est que récemment que les scientifiques ont réussi à démontrer des modifications épigénétiques chez des organismes vivants.

En premier, chez des espèces à reproduction rapide, telles que des microbes et bactéries et petit à petit, chez les plantes et les animaux. Toutefois, la durée de ces modifications est inconnue. Par exemple, durent-elles 3 ou 70 générations? De plus, celles-ci ne sont pas aussi profondes que les réelles mutations génétiques qui altèrent définitivement le code de l’ADN.

Comment l’environnement peut modifier nos gènes?

Selon les auteurs, ce serait notre cerveau, nos glandes et notre système immunitaire qui, en réagissant aux stress environnementaux, sécrètent des hormones et autres molécules pour dicter à nos organes qu’ils doivent s’adapter à une situation particulière.

Ainsi, ce serait les hormones qui serait responsables de dicter à l’épigénome d’éteindre ou d’allumer un gène. Face à de nouvelles situations précaires, l’épigénome pourrait se modifier de nouveau…

Qu’a cela ne tienne, l’épigénome n’a pas finit de faire siffler les oreilles de Darwin.

Pour plus d’infos, cliquez-ici.

Par Camille Martel, Agence Science-Presse

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Un commentaire

  1. page web dit :

    J’ai vraiment beaucoup aimé ton article, j’espere en lire de nouveaux prochainement

    J’aime

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