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La croissance démesurée de l’économie monétaire est un poison pour l’humanité

Il est intéressant de constater que même des économistes réputés commencent à prendre conscience qu’un système établi sur de mauvaises bases avec une absence de mécanismes de régulation naturels, ne peut faire autrement que de mal évoluer vers un système instable et dangereux parce qu’il induit des stratégies comportementales erronées du fait qu’elles mettent à risque l’équilibre nécessaire au maintien de la vie. C’est exactement ce qui est en train de se produire avec l’économie monétaire qui s’appuie essentiellement sur la notion de valeur capitalisée des biens et services supportée par la monnaie comme unité de mesure.

Dans son analyse économique intitulée « Does Finance Benefit Society? » publiée en janvier 2015 (http://faculty.chicagobooth.edu/luigi.zingales/papers/research/Finance.pdf), l’économiste Luigi Zingales de l’université Harvard affirme que « de l’avis des universitaires les avantages de la finance dépassent largement la perception sociétale. Cette dissonance est en partie expliquée par une sous-appréciation par les universitaires de la façon dont, la finance peut facilement dégénérer en une activité de recherche de bénéfices en l’absence de règles adéquates. » L’auteur conclut son analyse en confirmant des déviances comportementales induites par des erreurs de perception cognitives « comme professionnels, les économistes financiers ont été trop obnubilés par des réalisations techniques et les succès économiques de notre discipline. Il y a un grand écart entre notre propre perception et la perception dans la société, un écart qui peut nuire à la viabilité politique d’un système financier qui fonctionne bien. »

Cette conclusion de l’économiste que le système financier fonctionne bien est tout à fait erronée! Daniel Kahneman, un psychologue et économiste américano-israélien, fut lauréat du Prix Nobel d’économie en 2002 pour ses travaux fondateurs sur la théorie des perspectives, base de la finance comportementale. Ses principales découvertes, sur les anomalies boursières et les biais cognitifs et émotionnels qui les causent, se sont faites en association avec Amos Tversky. Kahneman, expert en psychologie cognitive, et Tversky expert en psychologie mathématique, ont développé des applications mathématiques à la psychologie comportementale de l’économie, s’appuyant sur leurs travaux en matière de théorie des perspectives pour expliquer les déviances comportementales économiques induites par ces erreurs cognitives de perception. (https://irasd.wordpress.com/2015/02/24/daniel-kahneman-un-precurseur-en-psychologie-cognitive-et-comportementale-de-leconomie-2/)

En réalité, l’analyse objective du système économique monétaire replacé dans le système humain définit non seulement par son environnement social, mais également par ses environnements humain et biophysique, révèle plusieurs erreurs majeures de conception de ce modèle.

La première est d’avoir établi la fondation de l’économie sur un concept social complètement virtuel et déshumanisé qui n’a aucun lien avec l’environnement humain, ni avec l’environnement biophysique : l’argent n’existe dans aucun de ces environnements! Concrètement, la monnaie n’est qu’un sous-produit de conventions sociales issu de l’évolution des stratégies comportementales de l’espèce humaine.

La conséquence est que l’argent et l’économie tout entière interagit comme une externalité avec l’humain. L’impact est qu’il n’existe aucun moyen de régulation naturel ni humain ni biophysique à ce système qui dépasse ainsi dangereusement les limites sécuritaires des environnements humain et biophysique. Seules des législations faibles de conventions sociales peuvent être adoptées et appliquées dans l’environnement social pour tenter de réguler l’économie monétaire. Mais ces lois, si elles existaient, ne seraient ni immuables ni intransgressibles. En conséquence, inutiles parce que facilement altérables.

Les concepts et le fonctionnement de l’économie monétaire interagissent de manière non naturelle et imprévisible avec la nature humaine pour induire des stratégies comportementales et décisionnelles erronées. Il suffit d’observer l’espèce humaine dans son environnement social pour constater du nombre effarant de déviances induites par l’économie monétaire.

Les mauvaises décisions s’accumulent au détriment de l’équilibre, mettant en péril la pérennité de la civilisation et la survie de l’espèce humaine par la dégradation accélérée des environnements biophysique et humain, mais également de l’environnement social qui devient de plus en plus instable. Il est d’ailleurs aisé de faire le constat du ralentissement important de l’évolution de l’espèce depuis les cinquante dernières années au bénéfice exclusif de la croissance économique monétaire. Cette déviance comportementale induite par le modèle chez l’espèce humaine produit un accroissement dommageable de la concentration de la « richesse monétaire » tout en provoquant une attrition dramatique de la capacité novatrice requise pour générer de la « richesse collective ».

Les pressions indues de cette croissance empêchent l’évolution et l’innovation en limitant constamment et de manière accélérée la recherche de connaissances et l’accès à l’éducation en les remplaçant par de la formation opérationnelle statique de base exclusivement destinée à assurer le fonctionnement de l’environnement social et la croissance de son économie monétaire. L’effet pervers est l’interruption de l’évolution des connaissances et de la capacité novatrice d’appliquer ces connaissances à la résolution de problématiques de civilisation.

L’évolution de l’espèce humaine stagne alors que les défis et problématiques se multiplient et s’aggravent. On ne peut donc que conclure que la capacité décisionnelle et novatrice de l’espèce est en décroissance et que l’écart entre cette réduction de capacité et les problématiques humaines et biophysiques augmentent le risque d’instabilités graves de la civilisation. Bref, tout s’accélère vers un effondrement.

L’externalisation complète de l’économie monétaire crée une barrière étanche entre l’environnement social et les environnements humain et biophysique. Cette barrière élimine les liens régulateurs naturels et favorise l’apparition de stratégies comportementales décisionnelles erronées en lien avec le fonctionnement de l’économie monétaire. Le cas spécifique traité dans l’article ci-bas, concerne une des propriétés de l’économie monétaire qui est de permettre et de favoriser l’accumulation incontrôlée de richesse sans aucune valeur collective ni individuelle puisqu’elle est immobile et ne génère aucune force productive ni évolutive. Au contraire, elle freine considérablement la croissance et nuit au développement en bloquant systématiquement toute activité économique.

L’autre erreur, que l’espèce humaine répète à profusion dans tous ces concepts opérationnels sociaux, est non seulement de ne jamais baser ses règles sociales sur les lois immuables et intransgressibles de la nature connues par la science, mais pire encore, de les ignorer presque complètement! Cette erreur grave contribue encore plus à rendre le système économique monétaire totalement détaché et autonome des environnements humain et biophysique, accentuant d’autant plus les stratégies comportementales erronées.

Un système économique fortement couplé à l’environnement humain et biophysique limiterait ces problématiques graves en régulant naturellement son fonctionnement afin de modérer considérablement les interactions externalisées avec la nature humaine. Au contraire, il serait alors étroitement régulé et intimement lié au développement de l’individu tout en respectant des lois biophysiques stimulant fortement l’évolution collective de l’espèce et de la civilisation. Un tel système peut être envisagé par l’architecture sociale d’une économie non monétaire basée sur la valeur novatrice de l’apport individuel à la collectivité dans le but de favoriser l’épanouissement individuel tout en accélérant l’évolution de la collectivité. La base de l’économie serait alors la valeur de chaque individu qui compose la société, et non la valeur monétaire associée à un concept social purement inventé par l’homme.

Un tel modèle est conceptuellement totalement à l’inverse du modèle économique monétaire déficient actuel qui s’appuie plutôt sur un apport énergétique de ressources humaines à la production de biens et services ayant pour objectif une supposée croissance économique alors qu’il ne profite étroitement qu’à l’enrichissement monétaire d’une minorité d’individus à la tête d’un système pyramidal.

Le changement de paradigme économique est certainement le plus grand et le plus urgent défi auquel fait face l’espèce humaine en ce 21e siècle. L’enjeu est ni plus ni moins la pérennité de la civilisation et la survie de l’espèce! Et il va bien au-delà d’un simple échec de perception de la financiarisation excessive non régularisée…

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http://www.slate.fr/story/101555/poids-exorbitant-finance-poison-economie

Le poids exorbitant de la finance est un poison pour l’économie

La croissance démesurée de l’industrie financière depuis des décennies n’a rien apporté à la société. Au contraire!

Il ne s’agit pas d’un énième pamphlet de nostalgique du marxisme sur les méfaits du capitalisme. Non, il s’agit des conclusions de travaux très sérieux menés par Luigi Zingales un professeur d’économie très réputé de l’Université de Chicago, un établissement qui en plus est l’un des berceaux du libéralisme économique. Et ces conclusions sont sans appel. Rien en théorie et en pratique ne permet de dire «que la croissance du secteur financier au cours des 40 dernières années a apporté le moindre bénéfice à la société».

«Depuis la façon dont le taux Libor était trafiqué en passant par les manipulations sur les marchés de change, depuis le prix faussé de l’once d’or jusqu’à la fraude massive dans les prêts immobiliers subprimes, il ne se passe pas un jour sans un nouveau scandale financier», écrit Luigi Zingales. Il considère qu’une grande partie de l’industrie financière des pays développés (banques, assurances, marchés financiers, marchés dérivés, marchés des matières premières…) est inutile, corrompue et socialement destructrice. Et il met en garde ses confrères économistes qui mettent leur crédibilité en jeu s’ils ne reconnaissent pas cette vérité.

Timothy Taylor, du Journal of Economic Perspectives, défend la même thèse et cite dans son blog, Conversable Economist, Stephen Cecchetti de la très austère Banque des Réglements internationaux de Bâle qui soulignait il y a trois ans que l’explosion du crédit avant le krach de 2008 avait mis l’économie en péril et totalement faussé sa logique et même celle de la société.

«Les rémunérations considérables de la finance attire les meilleurs des meilleurs. Quand j’étais étudiant, mes camarades rêvaient de guérir le cancer, d’unifier la physique de l’infiniment grand et de l’infiniment petit ou d’envoyer un vaisseau spatial sur Mars. Aujourd’hui, leurs équivalent veulent devenir gestionnaire de hedge fund… Est-ce l’allocation de talents la meilleure pour de telles ressources aussi rares? J’en doute», écrit Stephen Cecchetti.

Pour Luigi Zingales, les enseignants et notamment les professeurs de finance sont aussi une partie du problème. Ils expliquent à leurs étudiants que les gains financiers sont le seul objectif légitime. «Nous apprenons à nos étudiants comment maximiser les avantages fiscaux de l’endettement et comment exploiter chaque opportunité d’arbitrage. Les consommateurs sont souvent considérés non pas comme des êtres humains à respecter mais comme des contreparties à lessiver…».

Et il met en garde une industrie financière «démesurée et méprisante» qui n’a pour seul raison d’être que sa propre existence parasitaire plutôt que de servir les secteurs productifs de l’économie. C’est une situation intenable qui va se traduire par un rejet de plus en plus grand de la finance qui atteindra les proportions de celui qui a suivi aux Etats-Unis la crise de 1929.

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