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Sapiens : Une brève histoire de l’humanité

http://www.ynharari.com/fr/

Il y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d’hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens.

Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète? Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes et royaumes? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits de l’homme? À dépendre de l’argent, des livres et des lois? À devenir esclaves de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse? Et à quoi ressemblera notre monde dans le millénaire à venir?

Véritable phénomène d’édition, traduit dans une trentaine de langues, Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur. Professeur d’Histoire à l’Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l’Histoire à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l’humanité : nos pensées, nos actes, notre héritage… et notre futur.

« Un animal insignifiant

Il y a environ 13,5 milliards d’années, la matière, l’énergie, le temps et l’espace apparaissaient à l’occasion du Big Bang. L’histoire de ces traits fondamentaux de notre univers est ce qu’on appelle la physique.

Environ 300 000 ans après leur apparition, la matière et l’énergie commencèrent à se fondre en structures complexes, appelées atomes, lesquels se combinèrent ensuite en molécules. L’histoire des atomes, des molécules et de leurs interactions est ce qu’on appelle la chimie.

Voici près de 3,8 milliards d’années, sur la planète Terre, certaines molécules s’associèrent en structures particulièrement grandes et compliquées : les organismes. L’histoire des organismes est ce qu’on appelle la biologie.

Voici près de 70 000 ans, des organismes appartenant à l’espèce Homo sapiens commencèrent à former des structures encore plus élaborées : les cultures. Le développement ultérieur de ces cultures humaines est ce qu’on appelle l’histoire.

Trois révolutions importantes infléchirent le cours de l’histoire. La Révolution cognitive donna le coup d’envoi à l’histoire voici quelque 70 000 ans. La Révolution agricole l’accéléra voici environ 12 000 ans. La Révolution scientifique, engagée voici seulement 500 ans, pourrait bien mettre fin à l’histoire et amorcer quelque chose d’entièrement différent. Ce livre raconte comment ces trois révolutions ont affecté les êtres humains et les organismes qui les accompagnent. »

Un animal insignifiant – Le coût de la pensée

« En dépit de leurs multiples différences, toutes les espèces partagent plusieurs caractéristiques marquantes. La plus notable est la taille extraordinaire du cerveau en comparaison de celui des autres animaux. Les mammifères de 60 kilos ont un cerveau moyen de 200 cm3. Les tout premiers hommes, voici 2,5 millions d’années, avaient un cerveau d’environ 600 cm3. Le Sapiens moderne possède un cerveau moyen de 1200-1400 cm3. Les cerveaux de Neandertal étaient encore plus gros. 

Que l’évolution ait sélectionné les gros cerveaux peut bien nous sembler couler de source. Nous sommes si épris de notre grande intelligence que nous imaginons qu’en matière de puissance cérébrale plus on en a, mieux c’est. Si tel était le cas, cependant, la famille des félins aurait aussi produit des chats sachant calculer, et les cochons auraient maintenant lancé leur propre programme spatial. Pourquoi les cerveaux géants sont-ils si rares dans le règne animal ?

Un cerveau géant est épuisant pour le corps. Il n’est pas facile à trimballer, surtout enchâssé dans un crâne massif. Il est plus difficile encore à alimenter. Chez l’Homo sapiens, le cerveau représente autour de 2 % à 3 % du poids corporel total, mais il consomme 25 % de l’énergie du corps quand celui-ci est au repos, contre 8 % seulement pour le cerveau des autres grands singes. Les humains archaïques payèrent leurs gros cerveaux de deux façons. Premièrement, ils passèrent plus de temps à chercher de quoi se nourrir. Deuxièmement, leurs muscles s’atrophièrent. Comme un gouvernement détourne des fonds de la défense vers l’éducation, les hommes détournèrent de l’énergie des biceps vers les neurones. Que ce soit une bonne stratégie pour survivre dans la savane ne va pas de soi. Si un chimpanzé ne peut l’emporter dans une discussion avec un Homo sapiens, le singe peut le déchiqueter comme une poupée de chiffons. »

« Nous supposons qu’un gros cerveau, l’usage d’outils, des capacités d’apprentissage supérieures et des structures sociales complexes sont des avantages immenses. Que ceux-ci aient fait de l’espèce humaine l’animal le plus puissant sur Terre paraît aller de soi. Or, deux bons millions d’années durant, les humains ont joui de tous ces avantages en demeurant des créatures faibles et marginales. Les humains qui vivaient voici un million d’années, malgré leurs gros cerveaux et leurs outils de pierre tranchants, connaissaient la peur constante des prédateurs, du gros gibier rarement chassé, et subsistaient surtout en cueillant des plantes, en ramassant des insectes, en traquant des petits animaux et en mangeant les charognes abandonnées par d’autres carnivores plus puissants.

Un des usages les plus courants des premiers outils de pierre consistait à ouvrir les os pour en extraire la moelle. Selon certains chercheurs, telle serait notre niche originelle. De même que la spécialité des pics est d’extraire les insectes des troncs d’arbre, de même les premiers hommes se spécialisèrent dans l’extraction de la moelle. Pourquoi la moelle ? Eh bien, imaginez que vous observiez une troupe de lions abattre et dévorer une girafe. Vous attendez patiemment qu’ils aient fini. Mais ce n’est pas encore votre tour à cause des chacals et des hyènes – vous n’avez aucune envie de vous frotter à eux – qui récupèrent les restes. C’est seulement après que vous et votre bande oserez approcher de la carcasse, en regardant prudemment à droite et à gauche, puis fouiller les rares tissus comestibles abandonnés. »

« C’est là une clé pour comprendre notre histoire et notre psychologie. Tout récemment encore, le genre Homo se situait au beau milieu de la chaîne alimentaire. Des millions d’années durant, les êtres humains ont chassé des petites créatures et ramassé ce qu’ils pouvaient, tout en étant eux-mêmes chassés par des prédateurs plus puissants. Voici 400 000 ans seulement que plusieurs espèces d’hommes ont commencé à chasser régulièrement le gros gibier ; et 100 000 ans seulement, avec l’essor de l’Homo sapiens, que l’homme s’est hissé au sommet de la chaîne alimentaire. »

« Ce bond spectaculaire du milieu au sommet a eu des conséquences considérables. Les autres animaux situés en haut de la pyramide, tels les lions ou les requins, avaient eu des millions d’années pour s’installer très progressivement dans cette position. Cela permit à l’écosystème de développer des freins et des contrepoids qui empêchaient lions et requins de faire trop de ravages. Les lions devenant plus meurtriers, les gazelles ont évolué pour courir plus vite, les hyènes pour mieux coopérer, et les rhinocéros pour devenir plus féroces. À l’opposé, l’espèce humaine s’est élevée au sommet si rapidement que l’écosystème n’a pas eu le temps de s’ajuster. De surcroît, les humains eux-mêmes ne se sont pas ajustés. La plupart des grands prédateurs de la planète sont des créatures majestueuses. Des millions d’années de domination les ont emplis d’assurance. Le Sapiens, en revanche, ressemble plus au dictateur d’une république bananière. »

« Il n’y a pas si longtemps, nous étions les opprimés de la savane, et nous sommes pleins de peurs et d’angoisses quant à notre position, ce qui nous rend doublement cruels et dangereux. Des guerres meurtrières aux catastrophes écologiques, maintes calamités historiques sont le fruit de ce saut précipité. »

Extrait de: Yuval Noah Harari. « Sapiens : Une brève histoire de l’humanité (ESSAIS DOC.) (French Edition). » Albin Michel, 2015-09-01T22:00:00+00:00.

http://www.albin-michel.fr/multimedia/Documents/espace_journalistes/communiques_de_presse/201509/HARARI.pdf

Yuval Noah Harari, né le 24 février 1976, est professeur d’histoire et auteur du bestseller international Sapiens : Une brève histoire de l’humanité. Il enseigne actuellement au Département d’Histoire de l’Université hébraïque de Jérusalem.

Biographie

Harari, Juif Mizrahim d’origine, est né en Israël de parents libanais. Il se spécialise d’abord en histoire médiévale et militaire et obtient son doctorat à l’université d’Oxford en 2002. Depuis, il a publié de nombreux livres et articles, notamment Special Operations in the Age of Chivalry 1100-1550, The Ultimate Experience : Battlefield Revelations and the Making of Modern War Culture, The Concept of “Decisive Battles” in World History et Armchairs, Coffee and Authority: Eye-witnesses and Flesh-witnesses Speak about War, 1100-2000.

Son livre le plus récent s’intitule Sapiens : Une brève histoire de l’humanité. D’abord publié en hébreu sous le titre Une brève histoire de l’humanité, il a ensuite été traduit dans près de 30 langues[1]. Le livre retrace toute l’histoire de l’humanité, depuis l’évolution de l’Homo Sapiens à l’Âge de pierre jusqu’aux révolutions politiques et technologiques du XXIe siècle. Sapiens est devenu un bestseller en Israël[2][3]. Il a suscité l’intérêt des universitaires aussi bien que celui du grand public et a rapidement fait d’Harari une célébrité[4].

Les vidéos postées sur Youtube des conférences d’Harari en hébreu sur l’histoire du monde ont été visionnées par des dizaines de milliers d’internautes en Israël. Harari propose également une série de cours en ligne gratuits et en anglais intitulée « A Brief History of Humankind »[5]. Plus de 100 000 personnes à travers le monde sont d’ores et déjà inscrites. Enfin Harari a pu se faire connaître dans le monde entier par le biais de ses Ted talks[6].

Et en 2015 Sapiens a été sélectionné par Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, pour figurer dans son « online book club »[7], ce dernier invitant ses 38 millions de contacts[2] à lire un livre qu’il présente comme « un grand récit sur l’histoire de la civilisation humaine »[8].

  1. Payne, Tom (26 September 2014). « Sapiens: a Brief History of Humankind by Yuval Noah Harari, review: ‘urgent questions' ». The Telegraph. Retrieved 29 October 2014.
  2. a et b http://www.theguardian.com/culture/2015/jul/05/yuval-harari-sapiens-interview-age-of-cyborgs
  3. http://www.thebookseller.com/profile/yuval-noah-harari-interview
  4. Fast talk / The road to happiness, in Haaretz, April 25, 2012
  5. http://www.melsophia.org/2013/08/16/histoire-de-l-humanite/
  6. https://www.youtube.com/watch?v=YZa4sdIwV04
  7. http://uk.businessinsider.com/mark-zuckerberg-recommends-sapiens-a-brief-history-of-humankind-2015-6?r=US&IR=T
  8. (en) « Page Facebook de Mark Zuckerberg », sur www.facebook.com,‎ 16 juin 2015(consulté le 25 août 2015)

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