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L’abrutissement économique de la société humaine

Nous réagissons ici à l’excellente analyse des constats faits par Roméo Bouchard dans l’article qui suit au sujet des divertissements médiatiques qui dispersent la capacité cognitive d’innovation sociale.

Il faut prendre conscience que, non seulement la télévision est devenue prétexte a l’abrutissement des populations, mais aussi toutes les activités assujetties à la pression fiscale induite par la croissance du système économique monétaire, incluant l’éducation au profit de la productivité et la science au profit de l’application industrielle.

Cette pression est inévitable, elle est systémique et symptomatique. Elle continuera de s’exercer jusqu’à ce que le système implose parce qu’il aura tout consumé des ressources naturelles qui sont de moins abondantes et des ressources humaines de moins en moins en mesure d’utiliser leur intelligence cognitive pour réagir et décider correctement des graves problématiques humaines et sociales qui empirent de jour en jour.

Seule l’élimination du concept d’argent, qui induit des stratégies comportementales déviantes, permet d’architecturer un modèle de société durable. Le modèle économique qui en résulte doit être basé sur la valeur de l’apport individuel à la collectivité en misant sur l’éducation du et la valeur du citoyen, au lieu de miser sur la valeur des biens et services pour l’enrichissement d’une élite privilégiée.

Car dans la réalité sociale, ce sont 99% des individus qui composent la collectivité sociale, pas exclusivement le 1% de l’élite. Mais au fil des millénaires de l’évolution comportementale et du progrès social de l’homme, nous avons tranquillement créé une société de « zombies » à l’éducation limitée pour mieux favoriser le contrôle de la masse par des élites au pouvoir politique et surtout économique.

Cela dure depuis des siècles mêmes si le modèle s’est transformer pour le rendre plus attrayant et acceptable en apparence avec des loisirs et divertissements de plus en plus sophistiqués. On a même fait du travail une forme de divertissement et d’épanouissement pour le rendre plus acceptable même s’il n’apporte que bien peu ou rien du tout au progrès collectif et à l’épanouissement personnel.

Tant qu’on ne fera aucun effort pour changer cet état de fait, les initiatives citoyennes démocratiques seront ralenties, absorbées et annihilées par ce phénomène qui croit au rythme de la nécessité de croissance économique.

Tout est lié dans le système Terre-homme-société.

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http://www.ledevoir.com/culture/television/467578/raz-le-bol-des-emissions-de-vedettes

Ras le bol des émissions de vedettes!

René Lévesque alors qu’il animait l’émission «Point de mire», sur les ondes de Radio-Canada.

J’accuse les médias de sombrer dans le divertissement futile et le vedettariat. Ce n’est plus seulement une tendance, c’est devenu une calamité, une politique délibérée de désinformation, un détournement de démocratie, une autre stratégie de l’offensive des riches pour s’enrichir sans avoir les citoyens dans les jambes. La formule est vieille comme le monde : régner tranquillement, en offrant du pain et des jeux au petit peuple.

La plupart des émissions de télévision et même de radio, à part peut-être les bulletins d’information bien-pensants qu’on nous repasse en boucle du matin au soir, sont conçues désormais non plus en fonction de leur utilité ou de leur intérêt public, mais en fonction de leur coût et de leur rentabilité en cotes d’écoute, et donc, en publicité. Pour ce faire, on a recours aux artistes, humoristes et cuisiniers les plus populaires, et donc les plus « payants », on potine sur leur vie et leur travail, on les fait participer à des séances de jeux et de farces de plus en plus grossières et insignifiantes. Ça donne des émissions banales, animées par des vedettes, qui invitent d’autres artistes et humoristes et se parlent entre eux, et souvent tous ensemble, de tout et de rien.

Même des émissions qui avaient à l’origine un contenu ouvert, comme Tout le monde en parle, Pénélope, Les enfants de la télé, etc., sont atteintes de ce virus du divertissement à tout prix. Au retour de Pénélope, qui était à l’origine une émission de divertissement léger d’été, nous avons eu droit ces jours-ci à la couleur du rouge à lèvres de Véro, aux secrets du gazon de Charles Lafortune, aux choix de chemise d’Alex Perron, aux « bitchages » de Jean-Sébastien Girard et de Jean-René Dufort, et rien d’autre.

Le Québec, c’est plus que ce circuit fermé des artistes, des humoristes et des cuisiniers connus. Si brillants soient-ils, ils sont surexposés et finissent par n’avoir plus grand-chose à dire, si ce n’est figurer pour les cachets. Les pièces de théâtre, les spectacles, les entrevues d’auteurs ou de penseurs, le monde ordinaire, tout est disparu des écrans. Il n’y a plus que des vedettes.

Offre différente

Il y a pourtant des gens partout au Québec, même hors de Montréal, qui publient des livres remarquables, pas juste aux éditions de La Presse ou de Québecor, mais à Écosociété, à Lux, à Septentrion, à Atelier 10, aux Trois-Pistoles ; il y a des gens qui font, qui inventent des choses étonnantes et créent des projets magnifiques ; il y a des gens qui luttent pour sauver leur travail, leur village, leur vie, leur environnement ; il y a des gens qui ont des choses à dire et qui n’ont jamais accès aux médias nationaux ; il y a des drames humains et sociaux dont on ne parle jamais. La vision du Québec et du monde que projettent ces médias est de plus en plus hors de la réalité. C’est un détournement de conscience, de fonds et de moyens lourds de conséquences. On est loin des leçons de politique de René Lévesque à Point de mire, des grandes entrevues de Fernand Séguin au Sel de la semaine, des grands questionnaires de Raymond Charette à Tous pour un, des télé-théâtres de Marcel Dubé aux Beaux dimanches, des émissions dont on se souvient encore cinquante ans plus tard.

Pour les gens de Montréal, pour la jeune génération surtout, c’est peut-être un moindre mal, car la télévision généraliste et la télévision en général sont de plus en plus remplacées par diverses plateformes numériques et par le foisonnement culturel et politique de la grande ville. Mais pour les plus âgés et pour les gens des régions éloignées, ces options ne sont guère accessibles, et les gens y sont captifs de ce lavage de cerveau abrutissant et aliénant.

Les médias d’information ont une grande responsabilité : ils sont un outil essentiel pour une vie démocratique en santé. Présentement, ils sont devenus une drogue empoisonnée qui nous détourne de notre réalité et nous enferme dans l’insignifiance et l’inaction. Quelqu’un pourrait-il dire aux responsables que nous en avons ras le bol de ces émissions de vedettes médiocres et mercantiles ?

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