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Faut-il accélérer le développement économique ou le développement de l’individu?

Pour répondre à cette question, il faut en poser une autre :

Quelle est la nature de la richesse nécessaire pour permettre l’adaptation artificielle aux changements?

La capacité artificielle d’adaptation diffère de la capacité naturelle d’adaptation aux changements.

Les lois immuables et intransgressibles de la nature s’appliquent à l’adaptation naturelle aux changements par la sélection naturelle qui favorise l’évolution adaptée à des conditions locales. Ces lois nous sont connues par les recherches, expériences et conclusions scientifiques. Charles Darwin nous a exposé sa vision des lois de la sélection naturelle agissant sur l’évolution. Gregor Mendel nous a exposé sa vision des lois de l’hérédité biologique. La science a évolué sur ces bases pour explorer et comprendre les lois de la génétique et de la biochimie qui expliquent les lois de l’évolution et de l’hérédité. Aujourd’hui, la science commence à prolonger sa compréhension avec la génétique comportementale et l’épigénétique.

Les lois de la sélection naturelle d’adaptations aux changements s’appliquent sur une période d’au moins quelques dizaines de générations ou plus pour produire des évolutions. Ces lois sont partiellement inhibées dans un contexte d’adaptation artificielle aux changements.

L’adaptation artificielle aux changements est quasi exclusive à l’espèce humaine dans le règne du vivant parce que l’espèce humaine s’est adaptée naturellement aux changements et à ses environnements pour évoluer et développer un cerveau complexe doté d’intelligence.

L’humain possède donc la capacité de concevoir des outils ou des moyens techniques et technologiques artificiels pour s’adapter aux environnements et aux variations environnementales. Ces adaptations ont permis à l’espèce de coloniser de nombreux environnements de la planète, mais aussi d’explorer les fonds marins et la surface de la lune, des environnements dans lesquels l’humain n’est pas naturellement adapté pour survivre.

La capacité artificielle d’adaptation aux changements de l’espèce humaine dépend donc directement de sa capacité à développer et utiliser son intelligence pour innover.

Mais la capacité d’innovation de la civilisation diffère largement de la capacité d’innovation de l’individu. En effet, les individus sont subordonnés aux règles et lois de conventions établies par le système social. Ce qui impose des limites multiples à la capacité d’innovation des individus dans le contexte de la civilisation. Par exemple, le système économique monétaire impose des limites de budget pour la réalisation des innovations.

La capacité artificielle d’adaptation de l’espèce humaine est donc directement liée à sa capacité d’innovation. L’expérience est nécessaire pour le développement de la capacité d’innovation. L’expérience s’acquiert avec le temps et grâce aux institutions d’enseignement mises en place par le système d’éducation.

Mais la capacité d’acquisition de connaissances des l’individus est elle aussi subordonnée aux règles et lois de conventions établies par le système social. Elle dépend aussi du profil culturel, de la modulation de cette culture par le système social, par l’éducation reçue et par l’éducation accessible et délivrée à l’individu. Ce qui impose également des limites multiples à la capacité d’innovation des individus dans le contexte de la civilisation. Par exemple, le système économique monétaire impose des limites de budget pour l’accès à l’éducation.

Pour qu’une société complexe puisse survivre et évoluer dans un environnement variable et en mutation, il est primordial d’instaurer un système d’acquisition d’expériences et de connaissances efficace, rapide et équilibré afin de garantir la capacité d’innovation le plus tôt possible chez les individus et de manière la plus répandue possible dans la population afin d’accroître le potentiel d’innovation de la civilisation.

Lorsqu’une société ne fait aucun effort pour architecturer son système social et d’éducation en ce sens, elle limite la disponibilité de l’expérience aux individus les plus aptes, les plus âgés et à ceux ayant pu bénéficier d’un parcours d’acquisition de connaissances inhabituel ou accéléré. La rareté statistique de ces individus limitera d’autant la capacité d’innovation des sociétés et de la civilisation.

Face à des changements environnementaux brusques et irréguliers comme les changements climatiques, ces sociétés ne disposeront pas d’une capacité d’adaptation artificielle suffisante pour innover techniquement et technologiquement de manière adéquate pour survivre face aux changements. Elles ne disposent même pas de cette capacité pour limiter ses impacts sur les changements environnementaux. En d’autres termes, le seul fait de vivre dans son environnement la met à risque de ne pas pouvoir y survivre.

Cette situation est également reconnue et documentée en terme d’évolution et de sélection naturelle : une population ne peut pas se développer au-delà de la capacité de son environnement à la supporter. Lorsque les impacts de la population sur l’environnement dépassent la capacité de cet environnement à supporter les besoins pour la survie de l’espèce, la population doit s’adapter ou décliner et éventuellement s’éteindre.

La capacité d’adaptation par sélection naturelle dépend de la vitesse des changements environnementaux. Dans le cas de la civilisation humaine, elle dépend en plus de la capacité artificielle d’adaptation liée à la capacité d’innovation. La capacité artificielle d’adaptation inhibe partiellement la capacité naturelle d’adaptation. La capacité naturelle d’adaptation de l’humain est, en quelques sortes, ralenties par sa capacité artificielle.

Dans un contexte de changements environnementaux brusques et irréguliers sur moins de cinq générations, comme les changements climatiques, l’espèce humaine aura donc une capacité d’adaptation extrêmement limitée, voir nettement insuffisante pour assurer la survie de l’espèce.

La mauvaise conception d’un système social incluant le système d’éducation représente donc un risque important pour la survie d’une population lorsque sa capacité d’adaptation artificielle ne permet pas d’innover suffisamment pour produire des mécanismes techniques et technologiques pour compenser l’impossibilité d’une adaptation naturelle.

De plus, le potentiel naturel et artificiel d’adaptation se nuisent l’un l’autre et sont tout deux limités par les lois immuables et intransgressibles de la nature, de la physique et de la chimie.

Il semble donc évident que la richesse d’une civilisation ne réside pas dans l’argent acquis par la dilapidation accélérée des ressources qui dégradent l’environnement en diminuant sa capacité à supporter la survie de l’espèce.

La richesse d’une civilisation réside dans sa capacité à innover pour améliorer la situation collective de la civilisation, de la société et de l’espèce. La richesse ne s’acquiert donc pas par l’argent, elle s’acquiert par la connaissance et par l’expérience qui permet de réfléchir et d’agir pour innover.

Après la mort, des individus, la transmission en héritage de la richesse de connaissances pour la pérennité ne peut se faire avec de l’argent. Elle se fera par les outils de documentation et d’enseignement de la connaissance.

Alors, faut-il accélérer le développement économique ou le développement de l’individu?

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  3. […] La nouvelle économie ne sera pas monétaire… Elle sera humaine! Nous sommes riches de 7,3 milliards d’individus capables de réfléchir, et nous devons innover sans compter pour adopter des solutions qui garantiront la pérennité de la civilisation et la survie de l’espèce humaine. […]

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